Le patrimoine documentaire du Sénégal est en "perpétuelle dégradation" et risque même de disparaître sous l’effet de "différents facteurs défavorables", a prévenu, lundi, le ministre de l’Enseignement préscolaire, de l’Elémentaire, du Moyen, du Secondaire et des Langues nationales.
"Malheureusement, il (le patrimoine documentaire) est, aujourd’hui, dans certaines parties du pays, comme dans certaines administrations, en perpétuelle dégradation", a déclaré Kalidou Diallo lors de l’installation du Comité sénégalais "Mémoire du monde".
"On peut s’inquiéter qu’il soit menacé de disparition en raison de la conjugaison de différents facteurs défavorables liés à la mauvaise conservation, au climat, au pillage, et peut-être, au trafic illicite", a ajouté M. Diallo, qui a exercé comme professeur d’histoire à l’université Cheikh Anta Diop avant son entrée au gouvernement.
"Sans des efforts importants, a-t-il prévenu, peu de nos documents anciens comme modernes seront accessibles aux générations futures."
Le Comité sénégalais "Mémoire du monde", mis sur pied sous l’égide de l’UNESCO, est chargé de "recenser et promouvoir" ce patrimoine documentaire. Il est constitué de 23 membres, dont des archivistes, des documentalistes, des bibliothécaires et des enseignants.
Les pays membres de l’UNESCO se dotent, depuis 1992, de cet outil qui, pour le Sénégal, permettra de "dégager une stratégie de protection et de préservation" du patrimoine, a expliqué Kalidou Diallo.
A l’endroit des membres dudit comité, il a déclaré qu’il leur appartient "de réfléchir sur les actions et moyens à mettre en œuvre pour restaurer, valoriser et gérer notre patrimoine documentaire qui demeure une partie non négligeable de notre héritage culturel et scientifique."
"Le patrimoine documentaire, qui constitue le fonds des bibliothèques et les archives, est un outil précieux pour la reconstruction de la mémoire individuelle et collective", a rappelé le ministre de l’Enseignement préscolaire, de l’Elémentaire, du Moyen, du Secondaire et des Langues nationales.
Auparavant, le secrétaire général de la Commission nationale pour l’UNESCO, Moustapha Tambadou, avait plaidé pour un soutien "déterminé et effectif" des autorités au comité mis en place.
Pour sa part, l’ambassadeur du Sénégal à l’UNESCO, Pape Momar Diop, a souligné que l’initiative sénégalaise est d’autant plus immense que "l’Afrique est à la traîne dans le concert des comités nationaux "Mémoire du monde"
Ancien directeur des Archives nationales et membre du Comité international "Memoire du monde", M. Diop a exhorté les membres du comité sénégalais à un "travail exemplaire".
SOURCE: APS – ESF/BK

