
La Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition a été commémorée, le mardi 23 août 2011, dans l’ile de Gorée. A cette occasion, une exposition, une conférence, et des prestations ont été présentées aux participants.
Plus d’une centaine d’années après son abolition, la traite négrière est toujours présente dans les esprits. Ainsi, le Centre socioculturel Boubacar Joseph Ndiaye de Gorée a accueilli, hier, le réseau des élèves associés de l’Unesco, les membres de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie et autres participants a la commémoration de la traite négrière et de son abolition.
La cérémonie a ainsi débutée par la prestation de la troupe Espoir de la banlieue. A travers leur pièce de théâtre, ces jeunes acteurs ont dressé un violent réquisitoire contre l’esclavage. ‘La traite des Noirs fut le pire génocide que l’Afrique ait jamais connu’, diront-ils. Les comédiens ont ainsi appelé les Africains à travailler à l’édification de l’Afrique, car ‘chaque Africain doit pouvoir se dire j’ai fait pour l’Afrique et en faisant pour l’Afrique je me suis fait moi-même’.
Cette prestation, très appréciée, a été suivie des allocutions des personnalités présentes. En présence du Secrétaire général de la commission nationale pour l’Unesco, du directeur des Musées, de la direction du Bsda et du représentant du ministre de la Culture, entre autres personnalités, le représentant du maire de Gorée, Tidiane Camara, s’est en premier exprimé. S’excusant de l’absence du maire, Me Augustin Senghor, parti aux funérailles de trois membres de sa famille décédée par accident, il a d’abord demandé un recueillement à la mémoire des défunts.
Dans son discours, Tidiane Camara s’est félicité de la commémoration de cette journée à Gorée mais aussi de ’l’exploitation judicieuse qui pourrait être faite de l’exposition de Lamine Barro, lors de manifestations culturelles à Gorée comme le prochain Gorée Diaspora 2012’. Par ailleurs, il a déclaré aux jeunes de la troupe Espoir de la Banlieue que le centre leur est ouvert pour leurs spectacles.
La parole a ensuite été donnée au représentant de la directrice du Breda, Julien Daboe. De son avis, face a la tragédie de la traite négrière, ‘nous avons un devoir de mémoire’. De plus, ‘cette commémoration revêt cette année une importance particulière, car 2011 est l’année du dixième anniversaire de la conférence mondiale de Durban qui a reconnu le commerce des esclaves comme un crime contre l’humanité’, a-t-il précisé.
A sa suite, le ministre de l’Enseignement primaire élémentaire moyen secondaire, Kalidou Diallo, a soutenu qu’’en proclamant en 1998, le 23 août Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, la communauté internationale ne célèbre pas seulement la liberté humaine. Elle rend aussi hommage au noble et grand combat des Noirs pour la liberté et la dignité’. Rappelant l’histoire de la traite négrière et de son abolition, il s’est aussi intéressé aux discriminations qui se sont poursuivies après son abolition, car dit-il, ‘se souvenir de la traite négrière, c’est aussi commémorer ceux qui ont été de tous les combats pour son abolition d’abord et contre l’exclusion et la discrimination après’. Il a aussi souligné les caractères pédagogique et culturel de la journée.
Après les différentes allocutions, Angélique Dione et son groupe Acoustic Low ont gratifié le public d’une prestation aux sonorités acoustiques. Le ministre et sa délégation ont ainsi, à la fin de cette prestation, visité l’exposition de Lamine Barro. A travers photographies et peintures sur la traite négrière et l’esclavage, l’artiste a décrit la vie des esclaves.
Les participants ont pu après cela assister à la conférence. Articulée autour de deux thèmes, avec notamment la dimension pédagogique et culturelle de la traite négrière et de l’esclavage et le rapport entre traite négrière et droits humains, la conférence a été animée par Assane Kane, professeur d’histoire et de géographie à la maison d’éducation Mariama Bâ et Daouda Thiaw, coordonateur des inspecteurs de vie scolaire. Une nouvelle prestation de la troupe Espoir de la banlieue et celle du groupe Acoustic low ont clôturée la cérémonie.
Louise Elisabeth FAYE (Stagiaire)
Source (article paru dans le journal "Sud Quotidien" du 24/08/2011)